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Retour sur l’enquête sur les risques psychosociaux (RPS) dans l’entreprise.

Publication : 21/05/2026

A l’initiative de la commission CSSCT, une grande enquête sur les risques psychosociaux (RPS), a été lancée dans l’entreprise au mois de novembre 2025, ciblant des métiers spécifiques du réseau et du siège.

Au final, c’est environ 700 mails qui ont été envoyés. Le taux de participation a atteint 63,1 %, ce qui confère aux résultats une forte représentativité statistique.

MERCI A TOUTES ET A TOUS !

Rappelons que cette enquête a entièrement été financée par le CSE… La direction a refusée de s’y associer, prétextant que le baromètre interne se suffisait à lui-même et que, globalement, tout allait bien dans l’entreprise.

Cette enquête a rendu son verdict aujourd’hui et nous vous proposons donc de vous en livrer un résumé ainsi que notre analyse et quelques préconisations du cabinet SYNDEX.

Les résultats.

Sans trop de surprise, le principal constat du rapport est une dégradation marquée des conditions de travail, caractérisée par un niveau élevé de stress professionnel et une forte exposition aux risques psychosociaux.

L’analyse révèle que 53,2 % des répondants sont en situation « tendu », c’est-à-dire soumis à une forte demande psychologique avec une faible latitude décisionnelle. Ce taux est très supérieur aux moyennes nationales et également au secteur des activités financières et d’assurance. 

Par ailleurs, 27,1 % des répondants se trouvent en situation d’« iso strain », c’est-à-dire une combinaison de tension au travail et d’un faible soutien social, considérée comme la situation la plus à risque en matière de santé psychologique et physique. 

Beaucoup décrivent un environnement de travail très exigeant :

  • 83 % déclarent devoir travailler très vite ;
  • 85 % travaillent intensément ;
  • 57 % estiment subir une quantité de travail excessive ;
  • 53 % considèrent ne pas disposer du temps nécessaire pour effectuer correctement leur travail;
  • 81 % indiquent que leurs tâches sont régulièrement interrompues ;
  • 56 % jugent leur travail « bousculé ».  

Le rapport met également en évidence des dépassements horaires importants : plus de la moitié des répondants déclarent effectuer plus d’une heure supplémentaire par semaine, très majoritairement sans déclaration officielle. 

Concernant la santé psychologique, l’indice WHO-5 (indice de bien-être au travail) montre que 24,4 % des répondants présentent un déficit de bien-être psychologique et que 9,2 % sont exposés à un risque élevé de dépression. 

  • 28 % des salariés déclarent ressentir du stress ou de l’anxiété liés au travail ;
  • 24 % souffrent de troubles du sommeil ;
  • 25 % ressentent des douleurs physiques attribuées au travail ;
  • 31 % ont consulté un professionnel de santé en lien avec leur activité professionnelle au cours des six derniers mois ;
  • 7 % prennent des médicaments pour « tenir ». 

Les facteurs majeurs de surcharge :

  • la multiplication des outils et canaux de communication ;
  • les dysfonctionnements informatiques ;
  • le sous-effectif ;
  • les objectifs jugés irréalistes ;
  • la lourdeur administrative et procédurale. 

Les verbatims renvoient vers des demandes prioritaires qui portent sur :

  • des recrutements supplémentaires ;
  • l’amélioration des outils informatiques ;
  • la réduction de la pression sur les objectifs ;
  • une simplification des procédures ;
  • une amélioration du management et de l’organisation. 

Quels sont les salariés les plus exposés aux RPS ?

  • les salariés travaillant sur plusieurs sites ;
  • les salariés de plus de 55 ans ;
  • les salariés en situation d’iso strain. 

Notre analyse / Un rapport particulièrement préoccupant.

Le rapport Syndex met en évidence une dégradation importante des conditions de travail au sein du Crédit Agricole Atlantique Vendée. Les résultats montrent une organisation sous forte tension, marquée par une charge de travail élevée, des interruptions permanentes, des objectifs jugés souvent irréalistes et une multiplication des outils et procédures qui compliquent le travail au quotidien.

Plus de la moitié des salariés sont classés en situation de « job strain », c’est-à-dire confrontés à une forte pression avec peu de marges de manœuvre. Un quart des répondants sont même en situation d’« iso strain », où s’ajoute un manque de soutien social, ce qui constitue un niveau de risque psychosocial particulièrement préoccupant.

Le rapport montre que les difficultés sont avant tout organisationnelles : sous-effectif, dysfonctionnements informatiques, pression sur les objectifs, lourdeur administrative et changements permanents. Les salariés expriment aussi une fatigue liée à la transformation continue des métiers et à la perte de maîtrise sur leur travail.

Les conséquences sur la santé sont déjà visibles avec du stress, des troubles du sommeil, des douleurs physiques et un recours fréquent aux professionnels de santé. Certaines populations apparaissent plus fragilisées, notamment les salariés de plus de 55 ans, les personnes travaillant sur plusieurs sites et les salariés déjà en situation d’ « iso strain ».

Au fond, le rapport décrit une entreprise engagée dans de profondes transformations organisationnelles et numériques, mais dont les effets humains semblent insuffisamment maîtrisés. Il souligne également la responsabilité de l’employeur en matière de prévention des risques psychosociaux et de protection de la santé mentale des salariés.

Les préconisations du cabinet d’expertise SYNDEX.

Pour améliorer les conditions de travail, le cabinet d’expertise Syndex préconise de mettre en place des moyens de prévention au plus près des équipes de terrain. Tel qu’un DUER par agence qui pointerait les spécificités de chaque secteur (un peu à la façon du pilotage commercial pour la détermination des objectifs commerciaux/secteur).

De plus, il est primordial d’intervenir au plus tôt pour comprendre ce qui se passe et ajuster les moyens avant que cela ne se cristallise, s’installe dans le quotidien des salariés et conduise à de la souffrance au travail.

L’idée serait de cibler 3 ou 4 sujets à travailler, à creuser pour se donner les moyens de faire évoluer les situations en tenant compte de l’état de santé des salariés.

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