CSE

RETOUR SUR LE CSE DU 28 MAI 2026.

Publication : 28/05/2026

La pause aura été de courte durée et la valse des réorganisations a donc repris de plus belle ce mois-ci avec 5 nouvelles transformations à l’ordre du jour de ce CSE.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, à l’occasion de cette réunion, nous avons eu la visite aussi inattendue que symbolique de notre Directrice Générale.

Dans un échange direct et volontairement sans filtre, elle s’est montrée particulièrement accessible et proche du terrain, rappelant son attachement au dialogue social et à la dimension humaine de l’entreprise.

Mais derrière cette simplicité de ton, le message porté se voulait également très clair sur les bouleversements qui traversent actuellement le secteur bancaire. Concurrence des banques en ligne, accélération technologique, pression réglementaire, évolution des métiers et des compétences : selon elle, notre modèle est désormais confronté à des transformations profondes auxquelles l’entreprise devra s’adapter rapidement.

Si elle affirme considérer l’entreprise comme solide et en bonne santé, capable d’investir dans ses outils, ses ressources humaines et les conditions de travail, elle reconnaît également que les changements à venir ne seront pas sans conséquences pour les salariés.

La question de l’accompagnement humain, des tensions sur les conditions de travail ou encore de la charge mentale liée à l’accumulation des transformations a d’ailleurs été évoquée de manière assez directe.

Concernant le réseau d’agences, le discours se veut pour l’instant rassurant sur les fermetures, même si la logique affichée reste clairement guidée par l’activité, la fréquentation et la rentabilité des points de vente. Une vision qui confirme que les agences ne sont plus considérées comme le centre exclusif de la relation client.

Enfin, cette intervention laisse entrevoir la volonté de la Direction d’ouvrir un nouveau cycle autour du projet d’entreprise, avec en toile de fond une adaptation accélérée des métiers et des organisations. Autant de sujets qui nécessiteront, pour les représentants du personnel, une vigilance particulière quant aux impacts concrets sur les équipes et leurs conditions de travail.

Dossiers pour avis…

Projet d’évolution de la filière assurance.

La filière assurance souhaite créer un deuxième poste d’Expert Prévention Assurances Professionnelles afin de mieux maîtriser les risques sur les marchés agricoles et professionnels, sécuriser les commissions d’assurance et accompagner les conseillers sur les dossiers complexes. Le projet répond à un besoin réel de sécurisation des risques et de renforcement de l’expertise suite à un audit de la filière et aux recommandations de Pacifica.

ISO effectif oblige, c’est à l’échelle de la filière assurance que les ressources seront réattribuées : la création de ce poste pour le Développement Assurances Prevention Marché Spécialisé sera compensée par la suppression ultérieure d’un poste de conseiller particuliers du coté de Cm@part.

Cette évolution soulève des interrogations sur la suppression d’un poste de conseiller particuliers et sur l’impact de cette suppression sur la charge de travail des équipes restantes. En effet, si les flux d’appels entrants tendent à diminuer, les leads quant à eux génèrent des appels sortants en croissante évolution.

L’avis sera rendu le mois prochain.

Projet d’évolution de la structure animation commerciale / filière assurance.

La Direction souhaite regrouper l’animation de la filière Assurances au sein de l’Animation Commerciale, afin d’offrir un accompagnement plus transversal du réseau et une approche globale des besoins clients. Les 5 moniteurs Assurances et 1 chargé d’unité sont transférés vers cette nouvelle organisation, tout en maintenant une expertise Assurances dédiée.

A cet effet, le projet prévoit également la création de deux missions temporaires d’ambassadeurs Assurances Pro/Agri pour soutenir le développement commercial.

L’opération est présentée comme neutre sur les effectifs (« iso-poste ») et doit entrer en vigueur le 1er septembre 2026.

Cette réorganisation ne supprime pas d’emplois mais elle fait disparaître l’autonomie de la filière Assurances, avec un risque de dilution de l’expertise métier au profit d’une logique davantage orientée vers la performance commerciale, sans démonstration chiffrée claire des bénéfices attendus pour les salariés ou le réseau, ni de précision à ce stade sur la répartition et le découpage des secteurs géographiques attribués à chacun.

L’avis sera rendu le mois prochain.

Projet d’évolution du service Relations sociales, Pilotage RH et Rémunération.

Le projet de « rationalisation et de sécurisation du pilotage RH », présenté vise à regrouper l’ensemble des collaborateurs en charge du pilotage, des outils et de la data RH dans une seule unité, afin de gagner en cohérence, en rapidité, en fluidité de circulation de l’information et en fiabilité.

Aujourd’hui, ces missions sont éclatées entre deux services, ce qui entraîne, « des doublons de traitement », « des écarts dans les données » et « des processus plus longs du fait d’interlocuteurs différents ».

Concrètement, le projet prévoit la création d’un pôle Pilotage, Outils et Data RH, rattaché au service Relations Sociales, Pilotage RH et Rémunération.

Ce pôle regroupera deux experts pilotage (PCE 9) et le chargé Outils et Data RH, dont le poste sera revalorisé en PCE 11.

Ce leader aura pour mission de coordonner l’activité, d’assurer la cohérence des outils RH, de piloter la data et de garantir la production des données réglementaires.

L’organisation globale de la DDH reste inchangée : 37 postes avant, 37 après avec uniquement +2 postes en PCE 11 et –2 en PCE 10.

Pour SUD ce dossier a du sens mais pour nous, une nouvelle fois, le pôle relations sociales reste le parent pauvre en terme de moyens humains de cette réorganisation.

L’avis sera rendu le mois prochain.

Projet d’évolution du service comptabilité générale.

Cette évolution s’inscrit dans le cadre d’une forte évolution des contraintes réglementaires, prudentielles et techniques.

L’organisation actuelle atteint ses limites, notamment lors des périodes d’arrêtés comptables, avec des tensions récurrentes sur les équipes et un recours ponctuel à des prestataires externes.

Le projet prévoit donc :

  • une nouvelle organisation du service autour de plusieurs pôles spécialisés ;
  • une coopération avec la Caisse Régionale des Côtes d’Armor pour certaines activités financières;
  • la création de nouveaux métiers liés à la data et à la finance durable ;
  • une montée en expertise des fonctions comptables ;
  • la suppression de certains postes historiques remplacés par des fonctions plus techniques et transverses.

D’un point de vue RH, l’effectif global resterait stable, mais avec une transformation profonde des métiers et des compétences attendues ce qui générera une montée en technicité et des besoins importants de formation.

Quels accompagnements sont prévus pour les salariés dont les métiers évoluent fortement ?

Les collaborateurs concernés auront-ils des formations suffisantes et du temps dédié ?

Comment sera gérée la montée en expertise demandée aux équipes ?

Les activités « classiques » diminuent progressivement au profit du pilotage réglementaire, du contrôle, de la conformité, de l’analyse prudentielle.

Pour autant, sur la charge de travail, la nouvelle organisation réduira-t-elle réellement la surcharge constatée lors des arrêtés comptables ?

Les nouvelles obligations réglementaires sont-elles pleinement compensées par les moyens humains prévus ?

L’avis sera rendu le mois prochain.

Projet d’évolution des horaires de la Structure Pro/Patri de Nantes Saint Herblain.

L’évolution proposée vise à faire passer les conseillers professionnels de la SPP NASH sur un cycle lundi–vendredi, afin de mieux répondre aux attentes des clients, renforcer la disponibilité en semaine et améliorer l’équilibre vie pro/vie perso. L’activité du samedi étant très faible (« 7 % des RDV pour 11 % du potentiel »), ce changement apparaît cohérent et pertinent. Comme prévu dans l’accord Organisation du Travail (ICI), l’ensemble des collègues concernés ont donné leur accord.

L’avis sera rendu le mois prochain.

Répartition de la taxe d’apprentissage.

La répartition du solde de la taxe d’apprentissage 2026 représente 99 219 € (13% du montant global), que la Caisse régionale peut librement affecter aux établissements scolaires du territoire.

La proposition de répartition s’appuie tous les ans sur les mêmes critères : le soutien aux MFR et aux lycées agricoles, le maintien des partenariats utiles au recrutement, et la prise en compte de la relation commerciale et institutionnelle avec les écoles.

La répartition reste équilibrée, avec une majorité des montants reconduits, quelques ajustements selon l’évolution des relations, et l’intégration de nouveaux établissements en cohérence avec le développement du territoire.

Pour SUD cette répartition est cohérente et renforce l’ancrage territorial de la CR. Nous avons donc rendu un avis FAFORABLE.

Le CSE a émis un avis unanimement favorable.

  

POUR INFO…

Résultats commerciaux et financiers au 31 mars.

Le 1er trimestre montre une activité commerciale dynamique, portée par le digital et la montée en gamme.

La satisfaction client reste globalement bien orientée, même si certains indicateurs montrent que les équipes sont sous tension (taux de décroché, délais de traitement…).

Mais le vrai moteur du trimestre, c’est le digital. Les leads en ligne explosent (+30 %), l’application Ma Banque continue de progresser, et une part croissante de la production (crédit, assurance, collecte) passe désormais par les canaux e‑business.

  • Chez les particuliers, la conquête brute repart, même si la conquête nette recule fortement.

En revanche, la montée en gamme est très nette : plus de clients premium, plus de cartes haut de gamme, plus d’offres groupées. La banque principale progresse encore, signe que la stratégie d’équipement fonctionne.

Sur les projets, le crédit habitat rebondit fortement, avec une meilleure facturation des frais de dossiers et un adossement plus solide. L’assurance‑vie connaît un trimestre très dynamique, et les assurances dommages et santé dépassent les ambitions.

  • Chez les professionnels, la conquête progresse, l’équipement s’améliore, même si les jeunes agriculteurs sont plus difficiles à capter cette année.
  • Du côté des entreprises, la prospection est active, mais le taux de pénétration recule, preuve d’un marché plus concurrentiel.

Le dossier financier confirme ce que l’activité commerciale laissait présager : le trimestre est bon.

La marge d’intérêts bondit de 72 %, grâce à deux leviers : la baisse du coût du passif depuis fin 2025, la reprise du crédit, notamment habitat.

Cette amélioration redonne de l’air à la caisse, qui retrouve une autonomie financière appréciable dans un contexte de refinancement tendu.

Les commissions, en revanche, reculent nettement. La baisse des résultats ADE 2025 et la sinistralité élevée du 4ème trimestre 2025 pèsent lourd.

Heureusement, la Banque au quotidien et les marchés spécialisés compensent une partie de cette baisse.

Enfin, le coût du risque augmente, non pas parce que les défauts explosent, mais parce que la caisse renforce ses provisions collectives pour anticiper une montée des risques déjà perceptible dans les réseaux.

En conclusion : le commercial tire le financier vers le haut, mais le financier rappelle que l’équilibre reste fragile

Partager l’article
WhatsAppEmailFacebook